Comment les intérêts composés se nourrissent du temps
Les intérêts composés s'ajoutent au capital pour produire à leur tour des intérêts. Le montant final vaut le capital multiplié par (1 + taux ÷ périodes)^(périodes × années). Les versements réguliers croissent de la même manière, chacun pendant la durée où il est investi.
L'écart avec les intérêts simples se creuse fortement avec le temps. Dix mille euros à 7% atteignent 17 000 € en simple mais 19 672 € en composé au bout de dix ans ; au bout de trente ans, 31 000 € contre 76 123 €, un rapport de 2,5.
Le temps de doublement vaut exactement log2 ÷ log(1+taux), soit 10,24 ans à 7%. La fameuse règle des 72 donne 10,29, ce qui suffit pour un calcul de tête.
Où les plans à long terme dérapent
Une hypothèse de rendement optimiste invalide tout le plan. Projeter vingt ans à 10% plutôt qu'à 6% donne plus du double. Retenez un chiffre prudent et laissez un meilleur résultat être la bonne surprise.
Ignorer l'inflation surestime le pouvoir d'achat futur. Un rendement de 5% face à 3% d'inflation donne 1,94% réel, non 2% : exactement (1,05 ÷ 1,03) − 1.
La fréquence de capitalisation compte moins qu'on ne le croit : quotidienne contre annuelle, sur vingt ans à 7%, l'écart tourne autour de 5%. Ce qui commande, c'est le taux et le temps.